Ciné

[Cine]Sur les plages de Dunkerque, 1940

Assis à son bureau, Christopher réfléchit à son nouveau film en compagnie de son équipe. Alors que les nuits s’enchaînent encore et encore, une idée lumineuse lui vient à l’esprit.
– J’ai trouvé ! (et la légende dira qu’il s’est exclamé eureka).
Dans un sursaut, son assistant lui demande ce qui lui arrive.
– On va faire un film sur Dunkerque !
– Dunkerque ? * Il remet ses lunettes sur son nez* Mais, c’est où ça ?
– On va faire un film sur l’évacuation de l’armée britannique à Dunkerque en 1940.
* Grand silence*
– Mais tu es sérieux là Chris ??? Tu vas raconter quoi dans ce film à part des gens qui montent sur des bateaux ??

On aurait pu imaginer largement cette scène entre Christopher Nolan et son équipe le jour où il a annoncé le sujet de son nouveau film. Car nous pourrions l’avoir eu aussi, cette réaction dubitative, en apprenant qu’il allait nous parler d’une évacuation (et même pas d’une bataille). On peut d’ailleurs penser pertinemment qu’on va être face à un film chiant et pénible.
Mais ça, c’est si on oublie qui est Christopher Nolan.

Pour une critique sans spoiler, c’est ici

dunkerque_2

Il faut bien se dire les petits amis que si vous allez voir Dunkerque en imaginant vous retrouver devant un film de guerre traditionnel, vous allez être déçus (ou enchantés, c’est selon). C’est un survival, presque un huis clos, un focus caméra au poing qui nous raconte avec pudeur l’évacuation de l’armée britannique sur les plages de Dunkerque.

Entre le documentaire et le film de guerre

C’est là tout le génie de Christopher Nolan : Dunkerque est à la fois un film et un documentaire, mais on est incapable de le ranger complètement dans une des deux catégories. Si on avait effectivement un documentaire sous les yeux, on aurait pu rapidement s’ennuyer et si on avait eu un film entier, probablement que le point de vue aurait été différent et moins intime. Non, Nolan a été capable de jouer les équilibristes tout au long du film afin de ne jamais basculer complètement dans l’un ou dans l’autre. Et ça, c’est de l’art.

482375

Une bande son oppressante

Là encore le gros point fort du film : Hans Zimmer s’est surpassé dans une bande son magistrale et puissante. Des effets sonores qui vous clouent à votre siège pendant 1h30. Une musique magistrale qui en fera frissonner plus d’un. Le film n’aurait rien rendu sans ces musiques. Tout est intelligemment agencé pour faire vivre pleinement le récit aux spectateurs. C’est beau, c’est fort, c’est intense…Et c’est encore mieux en imax.

Une immersion totale

Le but de Nolan a été de submerger le spectateur dans l’histoire de Dunkerque. Pour cela il n’a pas focalisé son film sur un personnage, mais sur une ensemble de « personnages quelconques ». Pas de héros, pas d’intrigue, pas d’objectif, juste une tableau vivant de l’histoire britannique. Nolan est une génie de la mise en scène et il agence ces scènes de manière telle que pas une minute vous avez l’impression que le film ralenti. N’oubliez pas de cligner des yeux surtout… Et de respirer, important de respirer.
Une immersion totale qui ne sombre pas, comme presque tous les films de guerre que j’ai vu, dans une exagération de la violence. Oui, c’est la guerre, oui certaines scènes sont dures, mais tout est raconté avec une pudeur exemplaire et ça, j’aime !

Un film qui raconte l’Histoire, mais sous un seul angle

Les mauvaises langues diront certainement que Nolan a oublié plein de choses dans l’Histoire -notamment les français qui ont ramassé comme il faut aussi- Mais cela, c’est oublier le point de vue choisi par Nolan : celui des anglais (et tous les acteurs le sont !) et c’est tout. Et cela engendre des choix, notamment de négliger les autres parties de la guerre (les français, et même les allemands que l’on voit à peine). Les plus chauvins d’entre vous diront certainement que c’est un manquement au film, mais en fait non, les allusions aux français sont fréquentes et logiques quand on se met du point de vue britannique. (et puis moi je suis belge, alors franchement, je m’en tape assez)

B9712562972Z.1_20170709174137_000+GQ39DJVVM.1-0

Un film qui rend pertinent l’Imax

J’ai été le voir en Imax et en vo… C’est une sacrée claque dans la figure ! Autant j’ai du mal à justifier l’imax pour la plupart des films, autant ici, le jeu en vaut la chandelle ! Alors si vous avez l’occasion de le voir en imax, foncez ! C’est juste exceptionnel !

Une histoire pleine d’espoir… sur l’une des plus grandes défaites des alliés 

Oui parce que bon, je vais pas vous spoiler en vous le disant, mais cet épisode de la guerre et l’un des plus gros échecs militaires des alliés. C’est important de le souligner, car c’est une grande première. Les alliés ne sont pas les vainqueurs, mais les vaincus ! Et c’est un point de vue relativement nouveau. On a souvent vu des films sur les grandes victoires (La Chute, Stalingrad,…), mais peu sur ce début de guerre où les alliés ne sont pas passé loin de la débandade totale. Et ça c’est bien !
Malgré cela, le film est plein d’espoir, notamment dans sa conclusion magnifique.

Peu de dialogue pour aller à l’essentiel

Oui, ce film est parsemé de quelques dialogues, si bien que certains diront qu’il frôle le film muet. Mais en fait, il n’y a pas besoin de plus. Ajouter davantage de dialogue ça serait tomber dans tous les travers des films de guerre traditionnel : l’exagération. Or ici, ce n’est pas nécessaire : les images, les sons, les musiques suffisent pour véhiculer les émotions. Faire un film fascinant avec un minimum de dialogue ? Nolan l’a fait …

Conclusion

Comme à chaque fois avec Christopher Nolan, je ressors de la salle émue par la beauté du film, mais aussi par sa construction. Nolan a une fois encore réussi à me faire dire « ah, oui, maintenant que j’ai compris tout ça, je vais aller le revoir ». D’une grande complexité visuelle, ce film – comme tous les films de Nolan- peut se voir plusieurs fois sans se lasser, car on découvre à chaque fois des petites subtilités de construction qui nous font (re)découvrir le film, encore et encore.
Un chef d’oeuvre du cinéma et du film de guerre, frôlant avec le documentaire intime. Nolan est un magicien qui a su équilibrer sa recette pour faire en sorte que son film, qui se base sur un sujet qui aurait pu devenir vite rébarbatif et ennuyeux, soit en réalité une oeuvre captivante et oppressante. Un coup de génie.
Difficile pour moi d’aller plus loin dans la critique sans spoiler. 🙂

Un excellent film de guerre, souffrant de l’un ou l’autre anachronismes négligeables. A voir d’urgence.

Note globale ♥ ♥ ♥  ♥ (♥)  – Un ÉNORME coup de cœur

Publicités

1 réflexion au sujet de “[Cine]Sur les plages de Dunkerque, 1940”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s